Tout est question de contexte

« Tu comprends », expliqué-je à l’ingénieur du son à qui je demande de faire une « rustine » sur ma prise voix, « c’est quand la jeune fille se poignarde pour échapper au noble qui l’a enlevée : normalement, le sang éclabousse ses chaussures à lui, mais là, comme j’ai chanté un d au lieu d’un z il n’éclabousse que ses chaussures à elle, ce qui est bien moins fort en sens. » 

J’adore mon métier… 



(Pour les curieux qui en font un autre, de métier : ce que j’appelle faire une rustine, c’est prendre, dans un enregistrement A que l’on ne va pas garder, un très court extrait que l’on va insérer dans l’enregistrement B qui est celui qu’on garde. Dans ce cas précis, si nous parvenons à nos fins, le couplet entier viendra d’une prise et il y aura seulement dans la piste de voix, cousue au petit point invisible, une demi-seconde tiré d’une autre – pour que le criminel infâme reçoive dûment son accusation sous la forme de souliers impossibles à ravoir. Le tout dans une pièce du Vent d’Ouest d’Alexandre Damnianovitch, qui accompagne le Avel Viz de Frédérique Lory dans un bel album de l’Orchestre Symphonique de Bretagne et votre servante, date de sortie encore à préciser !)


-is ns nsuppsnu© marthe vassallo 2014