The Kerbiquet Wheneverly News

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*« Un tricot tout neuf » : Maryvonne La Grande ou les puissances des vieux papiers

C’est une chose magique que les vieux écrits. Si un jour le Destin décide de me priver de la joie de chanter sur scène, j’espère bien qu’il me dédommagera en m’autorisant à passer le restant de mes jours à lire des choses notées cent ou deux cents ans plus tôt. (Bon, en vérité j’espère surtout avoir le beurre et l’argent du beurre,  à savoir une longue vie dans les odeurs alternées des théâtres et du vieux papier.)  

Lavandières de nuit

Pour promener Kimel-le-Chien ce soir, pas besoin de lampe-torche : le Grand Eclairagiste a pourvu à nos moindres besoins, une lune tout ce qu’il y a de plus pleine donne à la campagne des reliefs d’étain embué. Pas un souffle d’air, nul autre son que ceux de mes pas, de l’haleine d’un semi-labrador enthousiaste (1) et de la joute de deux hulottes en plein litige territorial. En bas de la route, la petite rivière pressée joue à brasser des diamants dans la lumière. 

Les chansons racontent, 3 : Le Fin Filou

La troisième des chansons résumées et traduites, toujours dans le défi d’une seule page, pour les lecteurs du magazine de Lannion Trégor Communauté. Quand, à la fin de l’été, je me suis mise au travail pour le numéro de novembre, je me suis dit que pour le premier des « mizioù du », les mois noirs , une chanson légère ne serait pas de trop. J’avais raison, je crois… 


Publiée en breton sur feuilles volantes au XIXe, notamment par Alexandre Lédan de Morlaix, cette histoire se chantait aussi en français jusqu’au Canada ; mais loin d’une traduction, la version bretonne est une réinvention tout en détails savoureux. …

De la défaite au creux du ventre et de l’usage de l'isoloir

Il est 9h53, je commence ce courrier. Je devrais travailler et je n’y arrive pas. Cela fait moins de deux heures qu’Hillary Clinton a appelé Donald Trump pour reconnaître qu’il sortait vainqueur des élections présidentielles américaines. Peut-être par un réflexe de protection, je refuse de croire au cataclysme nucléaire, au propre comme au figuré : en réalité, la majeure partie des têtes pensantes du pays ne change pas. …

Angie, Angie…

Un beau jour du Pléistocène inférieur, dans les studios rennais de ce qui s’appelait peut-être encore FR3 Bretagne, Rémi Derrien et moi nous apprêtions à mettre en boîte le magazine en langue bretonne de la semaine (était-ce encore « Chadenn ar Vro » ? Ou déjà « Du-mañ du-se » ? On dit que, le troisième âge venu, les souvenirs de jeunesse reprennent de la clarté ; je dirais que c’est heureux parce que, pour l’instant, les miens sont pratiquement d’une autre vie…). 

Tout est question de contexte

« Tu comprends », expliqué-je à l’ingénieur du son à qui je demande de faire une « rustine » sur ma prise voix, « c’est quand la jeune fille se poignarde pour échapper au noble qui l’a enlevée : normalement, le sang éclabousse ses chaussures à lui, mais là, comme j’ai chanté un d au lieu d’un z il n’éclabousse que ses chaussures à elle, ce qui est bien moins fort en sens. » 

J’adore mon métier… 


Les chansons racontent, 2 : Erwanig Prigent ou le thriller au manoir


La deuxième des gwerzioù que j’ai entrepris de résumer en une page (ce qui n’est pas un mince défi, a fortiori pour moi qui, d’ordinaire, ne hais rien tant que le faire-court !) pour les lecteurs du magazine de Lannion Trégor Communauté… 


Si bien des gwerzioù sont des tragédies, celle-ci est plutôt un film à suspense ! La justice recueillit, en 1642, des témoignages sur une affaire ancienne : vers 1569, un seigneur de la Villaudrain, près de Loudéac, aurait tué et volé des marchands rennais. …

Les chansons racontent, 1 : Monsieur de Koatriou et Jeannette Riou


Invitée par le journal de Lannion Trégor Communauté à contribuer à la présence de la langue et de la culture bretonne dans ses pages, j’ai proposé une idée qui me trottait dans la tête depuis longtemps : présenter au public non-bretonnant les histoires que racontent certaines gwerzioù et sonioù – pas le contexte historique ou humain, non, seulement le film que déroule la chanson elle-même, ce qu’on raconte quand on les chante. …

Trop d’information… ou peut-être vraiment pas (2) : et la musique dans tout ça ?

Si vous êtes nouveau venu au Kerbiquet Wheneverly, vous trouverez peut-être surprenant le courrier précédent : que vient faire ce sujet dans un blog de musicienne ? Que vous importent mes négociations avec mes entrailles ? 

Pour cette fois, je n’ai même pas besoin de recourir à l’argument essentiel, qui est que je parle ici de ce qui me chante. Ni même de vous rappeler que mes soucis sont, ont été ou vont être ceux d’une moitié de l’humanité. …

Trop d’information… ou peut-être pas : à propos d’un jour sur quatre

La une de Courrier International, cette semaine, est toute rouge. Une demoiselle flotte sur un océan carmin, confortablement étendue sur un matelas en forme de serviette hygiénique à ailettes, et son maillot ressemble fort à une petite, élégante tachounette de sang sur ladite serviette (mais du sang clair, frais et limpide, hein, on ne veut pas trop effrayer le chaland tout de même). « Règles, la fin du tabou », proclame le titre. …

En coulisses : séance photo

(Chose promise au courrier précédent, chose due ! Ce texte attend depuis un bon moment. Est-il trop léger pour l’air du temps ? Léger, j’espère bien ; trop, je ne crois pas. Je crois que contre l’hystérie collective, qu’attisent en ce moment les injonctions contradictoires de la nouvelle horreur, il nous faut cultiver le futile, le cocasse, le petit plaisir, le sourire aux inconnus en passant, comme les jardiniers avertis plantent des sureaux contre le pourridié.) 



is ns nsuppsnu© marthe vassallo 2014