Au sec et au chaud

Cette année, le festival de Cornouaille a sauté le pas [NDLR: mea culpa, il s’avère que ça fait un ou deux ans que le pas est sauté! Bon, ce n’est ni la première ni la dernière fois que je me couvre de ridicule… Et puis ça ne change pas grand-chose à ce qui va suivre; c’est juste que mon scoop n’est pas très frais!] : les deux principaux sites de concert sont à leur emplacement coutumier au cœur de la ville, mais ils sont sous chapiteau au lieu du ciel ouvert d’il y a quelques années. C’est un investissement lourd, et un certain pari car les scènes dans la ville font partie de la signature de la fête. Mais, outre que la météo de cette mi-juillet qui se prend pour une Toussaint dépressive donne amplement raison aux organisateurs, la vérité est que pour un peu de pittoresque perdu c’est beaucoup de confort que l’on gagne. Et ce pour le public avant tout: sous les chapiteaux la nuit, il fait BON. Plus besoin de s’emmitoufler pour un concert comme pour une randonnée en haute montagne! J’avais déjà pu constater l’année dernière que l’ambiance des concerts s’en trouvait renforcée; cette année c’est le fest-noz de samedi, avec des danseurs en pleine forme, bien à l’abri des rafales glacées, qui nous a redémontré ce principe simplissime: le bien-être physique du public participe de son écoute, de sa relation avec la scène, de son envie de rester… et de revenir l’année suivante! S’en soucier, c’est respecter tout ensemble le spectateur, l’artiste et l’art.


Certes, tout le monde n’a pas les moyens de couvrir un site; mais parmi ceux qui les auraient, tout le monde ne les prend pas… (Un exemple parmi d’autres, le bal berbère-breton à Lyon le 14 juillet, qui s’annonçait une bien belle fête, a ainsi tourné court au bout d’un quart d’heure pour cause de pluie, comme les animations voisines, car la ville, si j’ai bien compris, n’avait pas souhaité couvrir les scènes… L’accueil était extra et la soirée commençait bien, les gens sont même restés pendant des heures sous la pluie, dansant sur des disques, et nous, la plus élémentaire sécurité électrique nous empêchait de remonter jouer!  Nous en avons tous encore le cœur gros.) Quimper, cette année, a décidé de se les donner. Les concerts auront lieu à coup sûr, et à coup sûr on pourra se détendre, au chaud, à les écouter. Bravo et merci.

u -is ns nsuppsnu© marthe vassallo 2014