Et encore une citation!

Désolée, mais elle est trop belle:


"Bien loin d'impliquer la répétition de ce qui fut, la tradition suppose la réalité de ce qui dure."

Igor Stravinsky, Poétique Musicale, Flammarion.



Force m’est d’avouer que je dois cette découverte non à mes saines lectures mais au cours de Formation Musicale, inspiré et inspirant, de ma camarade Isabelle Diverchy à Lannion. J’ignore donc encore (mais plus pour longtemps car je viens de commander l’ouvrage!) si Stravinsky pensait à une musique ou un genre précis; mais ce qui est certain, c’est que cette phrase résume merveilleusement ce que nous devons parfois patiemment expliquer aux contempteurs des musiques traditionnelles qui n’ont jamais pris le temps de les écouter: ce n’est pas, ce n’est jamais parce que nos Zancêtres chantaient ou dansaient que nous chantons ou dansons. C’est parce que ces danses nous transportent, parce que ces chansons nous remuent.


J’ajouterai, dans le cas de la musique bretonne – qui n’est peut-être pas si particulier que cela – : même s’il arrive, dans notre petit bout de siècle, que l’on vienne à cette musique attiré par le seul désir adolescent, romantique ou politique, de perpétuation (“la répétition de ce qui fut”), cela ne reste jamais longtemps le cas. Soit l’on est conquis par la matière elle-même (“la réalité de ce qui dure”), soit on ne l’est pas et on ne va pas tarder à l’abandonner. Personne ne pratique longtemps ni bien (surtout!) une musique qu’en elle-même il n’aime pas…




 


usu -is ns nsuppsnu© marthe vassallo 2014